L’Etat islamique promet 470 euros par mois pour les futurs djihadistes

Plus de 10 ans après les attentats de Casablanca, le journal espagnol El Periodico s’est rendu dans plusieurs quartiers de la capitale économique du Royaume, Casablanca, pour enquêter sur ce qui ferait le lit du terrorisme.

Le journaliste s’est rendu d’abord à Sidi Moumen tristement célèbre pour avoir fourni le contingent de kamikazes qui se sont fait exploser en 2013, lors des attentats de Casablanca. Depuis cette date, de nombreuses choses ont été faites, l’Etat marocain a beaucoup investi et des immeubles sociaux ont vu le jour, mais la tentation pour le djihadisme y est encore forte chez certains jeunes.

Fini Al Qaida et bienvenue à la nébuleuse Etat islamique. Pour un habitant du quartier, le discours idéologique de cette organisation « parle au cœur de ces jeunes ». Tout en « rejetant les actes criminels commis au nom d’Allah », ces jeunes sont partisans de la défense des valeurs musulmanes contre une nouvelle invasion étrangère « ou l’idée de protéger une nation musulmane en imposant un califat qui gouvernerait avec justice ».

« Je partage également l’idée que notre identité arabo-musulmane souffre des coups des occidentaux et, pour cela, nous sommes d’accord avec le principe de défendre nos frères. » a confessé un jeune cité par le journal.

La popularité de l’Etat islamique est palpable selon le journal, qui a pris comme exemple deux faits qui se sont déroulés la semaine dernière dans le pays. D’abord les trois jeunes qui ont été arrêtés par la gendarmerie royale dans la région d’Agadir après avoir brandi le drapeau islamique dans leur lycée. Egalement, le chant d’une centaine de fans du club de football du Raja. Dans une vidéo publiée il y a quelques jours, ils avaient scandé : « Vive Daech, Allah Akbar ». La vidéo est d’ailleurs toujours disponible sur Youtube.

Pour l’ancien prisonnier politique R. Othmane, cette popularité auprès des jeunes vient de leur haine envers « le colonialisme » et l’injustice dont ils se sentent victimes.

Dans un autre quartier, Sidi Bernoussi, la parole a été donnée à un acteur associatif, Abderrahman Mokhta, qui défend les droits des prisonniers salafistes. Mais avant d’être une histoire de convictions, c’est surtout une histoire d’argent d’argent.

« Malheureusement, beaucoup tentent de rejoindre l’EI pour l’argent. Jusqu’à 600 dollars (470 euros) par mois sont perçus par les criminels, qu’ils envoient ensuite à leurs familles au Maroc. » Il y a ceux aussi qui s’en vont par conviction. Abderrahman Mokhta cite l’exemple d’un de ses amis, Brahim Benchekroun, qui avait été gracié par le Roi Mohammed VI et qui avait promis, via un processus de réconciliation, d’abandonner toute velléité terroriste. Il est depuis parti en Syrie où il a été tué.

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